Opposition togolaise : la bataille pour être le premier des échoués

Le constat que certains observateurs de la vie politique du pays font aujourd’hui, c’est que l’opposition togolaise se trompe d’adversaire. Elle mène le combat contre elle-même dans le but de survivre politiquement  au lieu de chercher  à accéder au pouvoir. La rivalité entre les leaders de l’opposition permet au pouvoir en place de conforter sa position.

Les conflits de leadership, les égos surdimensionnés et la propension à nuire à autrui en organisant des campagnes de dénigrements sont devenus un sport  favori au sein de la classe politique de l’opposition. Des partis  travaillent pour être toujours deuxième aux élections après le parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR) et le premier des échoués. Leur objectif n’est pas de battre UNIR mais les autres formations politiques de l’opposition. Au lendemain de la présidentielle du 22 février 2020, on assiste à une guerre sans merci entre les militants de l’opposition au lieu d’une réorganisation de la lutte en prenant conscience qu’il faut sortir du schéma des années 1990.

Même si des leaders comme le président du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio, invitent leurs compères à abandonner les luttes de leadership afin de mener des réflexions pour mener un travail pour redevenir crédible, les attaques continuent. Cette situation  a fait dire au président du parti Les Forces Démocratiques pour la République (FDR), Me Paul Dodzi Apévon que l’opposition a perdu ses repères, la cohérence et se trouve dans l’abime. Pour lui, on peut faire la politique dans la crainte de Dieu en ayant un rapport sain avec les partenaires. Malheureusement ce n’est pas le cas. Il transparait des différents propos que l’opposition ne tire pas leçon de son parcours pour définir de nouveaux défis et de nouvelles stratégies pour les relever. Les divisions sont exacerbées par les propos d’une partie de la diaspora qui pollue les réseaux sociaux et dressent les opposants contre eux-mêmes en se comportant en politologue et donneurs de leçons. Cette diaspora joue un jeu dangereux et soutient qu’il faudrait inciter l’armée à opérer un coup d’Etat au lieu de travailler, sérieusement, sur le terrain pour obtenir le changement par les élections. Depuis leur salon, des membres de la diaspora développent des théories de renversement du régime et invitent ceux qui sont au pays à les mettre en application au risque de leur sécurité individuelle et collective

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