Covid-19 / La vie au marché de Zanguéra

Ce marché de la banlieue de Lomé s’anime les vendredis. Il ouvre ses portes à 18h et les referme tard dans la huit. Ce marché de « nuit » par excellence attire beaucoup de marchands venant des villages environnant pour y exposer leurs marchandises. Les clients trouvant que les prix des denrées sont souvent abordables dans ce marché le prennent d’assaut pour y faire leurs achats, de légumes, de poissons, de farine de manioc, de friperies et bien d’autres denrées.

D’habitude à 18h, ce marché grouille de monde et on s’effraie difficilement le chemin pour accéder aux étalages. Aux abords de la route, on pouvait voir des boutiques occupées par des nigériens où on y trouve des radios, des montres, des lunettes, des ventilateurs, des valises, entre autres. Des jeunes envient de se mettre à la mode ou être « branchés » envahissent ces boutiques pour se procurer de chaussures, des pantalons jeans, des casquettes et bien d’autres produits de nécessité. Il n’est pas rare de voir les commerçants en fin de marché sourire aux lèvres, joyeux d’avoir fait une bonne affaire.

Aujourd’hui, la réalité est tout autre. La pandémie de Covid-19 est venue mettre au ralenti les activités de ces valeureux commerçants du marché de Zanguéra. Avec le couvre-feu, ce marché ne s’anime plus jusqu’à tard dans la nuit et du coup, il perd son ambiance d’autrefois. Assis devant leurs étalages, ils rongent les doigts et visiblement, ils sont pleins d’amertume. Des rares clients ayant le nez et la bouche couvert de cache-nez viennent demander des prix des marchandises ou acheter juste de quoi ils ont besoin et repartent chez eux aussi rapidement possible. Pourquoi cette pandémie ? A quand la fin de ce fléau ? Telles sont les questions que se posent ces commerçants, nostalgiques de leurs bonnes affaires d’alors. « Jadis, le marché se remplissait de gens, s’animait et difficilement l’on pouvait frayer le chemin pour arriver devant mon étalage. On vendait à cœur-joie et à la fin, on est content joyeux d’avoir fait de bon chiffres d’affaires », a révélé Mme Ayélé Johnson, vendeuse de sacs de riz dans ce marché. « Aujourd’hui, le Coronavirus est venu rendre tout sens dessus, sens dessous. Toutes nos affaires sont bouleversées. A peine, je vends cinq sacs de riz au jour du marché et pourtant on a des charges, notamment le payement de nos employés et le payement des frais de nos boutiques à la fin du mois. On est très soucieuse parce qu’on ne sait pas quand cette pandémie finira pour que nos affaires puissent reprendre normalement », a-t-elle précisé.

A côté d’elle, M. Yacoubou Abdoulaye, un tenancier de boutique de sacs de sucre et de pâtes alimentaires. C’est les mêmes jérémiades. « Avant au nom d’Allah, on faisait de bons chiffres d’affaires. Au jour du marché, je vendais 30 à 50 sacs de sucre et beaucoup de cartons de pâte alimentaires. Mais, aujourd’hui, avec l’arrivée de ce maudit coronavirus, je ne vends plus rien. C’est vraiment dur maintenant », a-t-il indiqué, avant de souhaiter que cette pandémie finisse vite.

Les responsables de la Mairie de Zanguéra se plaignent de ce que les fonds que la structure collecte les jours du marché ont, considérablement, diminué et cela dû au fait que le marché ne s’anime plus comme avant cette Covid-19. Ce qui fait que la structure manque de moyens pour subvenir à certaines de ces charges. « Quand ce virus n’était pas encore arrivé, le marché s’animait bien, les gens venaient exposer leurs marchandises et nos agents écoulaient bien nos tickets et cela faisait rentrer des fonds dans la caisse de la Mairie. Mais, aujourd’hui, c’est la désolation. Plus rien ne marche », a souligné un responsable de la Mairie de Zanguéra.

Il urge qu’une lutte acharnée soit menée contre la propagation de cette pandémie pour que les affaires puissent reprendre normalement dans le pays pour cela faisons preuve de discipline dans le respect des mesures barrières. 

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